Battersea Power Station: pour beaucoup, c’est d’abord la célèbre pochette du 33 tours de l’album « Animals » de Pink Floyd, sorti en 1977. Avec, dans un ciel inquiétant, ce drôle de cochon rose gonflable. L’histoire dit que pour effectuer les prises de vues (pas de Photoshop à l’époque), il a fallu utiliser un vrai ballon en forme de cochon, que celui-ci s’échappa car la corde qui le tenait se cassa, et qu’il fallut, le temps de retrouver la bête, faire arrêter le trafic aérien à Heathrow… Pour celles ou ceux qui ne savent pas de quoi on parle: l’intégrale de l’album, et la photo: https://www.youtube.com/watch?v=D4KQae9oMWs
A l’époque, cet illustre bâtiment aux quatre cheminées produisait de l’électricité en brûlant des tonnes de charbon, acheminées par bateau sur la Tamise. L’usine est restée en activité jusque dans les années 80. Elle est tombée à l’abandon durant près de 40 ans pour ouvrir à nouveau ses portes en 2022. Les turbines ont disparu, elles ont été remplacées par des pompes à fric…


Battersea est en effet désormais un centre commercial. L’édifice a gardé, à l’intérieur comme à l’extérieur, sa structure de base, on a rajouté quelques étages d’appartement très chers sur l’ancien toit, et tapissé l’intérieur de boutiques de mode et de luxe. Le centre commercial, qui appartient à un groupement d’investisseurs indonésien, a ainsi au moins été sauvé de la destruction lente qui l’attendait, son état devenant critique au fil des années.
Il serait désormais impossible de réaliser à nouveau la photo de la pochette du disque de Pink Floyd: le centre commercial est désormais entouré d’un nouveau quartier d’immeubles de luxe à loyers non modérés.
On trouve, le long de la Tamise, deux anciennes usines électriques, construites toutes deux par Giles Gilbert Scott: l’une, Battersea est devenue un centre commercial, l’autre un musée d’art contemporain: la Tate Modern.


Battersea de l’intérieur et une vue (dégagée) de l’usine depuis le… Lego Store.